Séjour au centre de détention à Laval

C’était un soir d’hiver, vers 23h30 alors que je partais chez un ami où j’allais dormir, une connaissance m’aperçut sur son chemin et m’embarquât dans son véhicule pour me déposer. Nous étions trois passagers en tout. Deux des personnes à bord du véhicule étaient « de couleurs », soit le conducteur et moi même, tous deux assis à l’avant. En cours de chemin, nous fûmes arrêté par la police pour finalement aucune raison particulière. Deux agents du SPVM se dirigèrent vers nous ; l’un s’adressa au chauffeur, soit disant pour des vérifications de papiers du véhicule et l’autre policier demanda de vérifier nos pièces d’identité. J’ai tout de suite eu un mauvais pressentiment de ce qui allait se passer par la suite. J’ai présenté du coup ma pièce d’identité sans manifester aucun signe de refus.

Malheureusement, après toute vérification je fus le seul à être arrêté et pour motif, qu’à l’immigration on avait besoin de me parler. Mon téléphone fut confisqué et éteint puis on me conduisit au poste de police. Continuer la lecture de « Séjour au centre de détention à Laval »

Du jamais lu

Je sais que c’est un peu dérangeant de voir quelqu’un avec un masque. C’est plus réconfortant de voir le visage de notre interlocuteur. Cela me dérange plus que vous. Je respire mal et ma voix est étouffée. Ca me prend beaucoup d’énergie pour respirer et m’exprimer. Je transpire en dessous, ce n’est pas seulement à cause du stress , la peur de parler devant un public ou le masque qui me colle à la peau, mais surtout parce qu’il cache une partie de moi reste non exprimée. je n’ai pas choisi de le mettre, j’étais obligée. Obligée de le choisir comme étant le meilleur des pires. J’ai passé les derniers huit ans sans statut au Canada. J’ai passé d’une étudiante à l’université à RIEN.

Continuer la lecture de « Du jamais lu »

Un parcours du combattant

je profite de cet espace amical pour vous envoyer mon témoignage comme un émigrant au pays de bombardier.

plus que 10 ans que je vis dans ce beau pays. l’aventure a commencé en 2007 quand j’ai débarqué au canada à la recherche d’une vie meilleure et de finir et fuir la règne d’une dictature dans mon pays natale (je viens d’un pays du Maghreb).

après l’expiration de la date de mon visa de séjour j’ai déposé une demande d’asile qui a été rejeté ainsi que l’appel. alors mon avocat m’a conseillé de déposer une demande de résidence permanente pour considération humanitaire qui a été elle aussi refusé et un ordre de quitter le canada [est émis] autrement je serai déporté.

et voila depuis 5 ans maintenant que je vis dans la clandestinité et l’angoisse.

Continuer la lecture de « Un parcours du combattant »

Pendez-nous haut et court

Le temoignagne d’un san-statut de Montreal

En huit annees de presence a Montreal, j’ai eu cinq refus de demande de protection. Ce que j’ai compris c’est que grace au pouvoir discretionnaire que detiennent les agents de l’immigration, une decision de refus peut etre prise meme si toutes les conditions de selection sont remplies et les motifs de danger de retour sont etayes par des preuves.

Possiblement pour respecter un seuil minimum de cas refuses. Et c’est pour ca on trouve des citoyens canadiens d’origine ethnique qui ne parlent aucune des deux langues officielles, parce qu’il faut respecter un seuil minimum de cas acceptes.

Nous sommes des milliers a subir ce genre de traitement, on est mis devant deux descentes aux enfers. L’une est longue et l’autre est courte (en rapport avec le titre).

Continuer la lecture de « Pendez-nous haut et court »

Dans la peau d’une sans-papiers

Soledad Peireira (nom fictif), collaboration spéciale, La Presse, 11 juin 2017

5h30, métro Saint-Michel. Des entreprises de la région de Montréal ont désespérément besoin de bras, au point d’accueillir le premier travailleur venu sur leurs terres, dans leurs usines ou dans leurs entrepôts. Sans le moindre papier d’identité, notre collaboratrice d’origine latino-américaine a infiltré des agences de placement qui recrutent au métro Saint-Michel et qui paient en argent comptant. Elle raconte sa dure expérience dans la peau d’une travailleuse clandestine.

Continuer la lecture de « Dans la peau d’une sans-papiers »

Le Montréal des sans-papiers

La Presse, Isabelle Hachey

Publié le 10 juin 2017 à 10h00 | Mis à jour le 10 juin 2017 à 10h01

Nous les croisons sans les voir dans les rues de Montréal. Ils font le tri de nos rebuts, récurent les toilettes de nos cliNous les croisons sans les voir dans les rues de Montréal. Ils font le tri de... (Photo Martin Tremblay, La Presse)niques médicales, passent l’aspirateur, la nuit, dans les couloirs de nos bureaux. Ils sont des dizaines de milliers, mais ils sont invisibles. Sans eux, l’économie de la ville subirait un dur coup, puisque ces travailleurs de l’ombre occupent les emplois dont personne ne veut. Sans le moindre filet de sécurité. Bienvenue dans le monde occulte des sans-papiers de Montréal. Continuer la lecture de « Le Montréal des sans-papiers »