Un parcours du combattant

je profite de cet espace amical pour vous envoyer mon témoignage comme un émigrant au pays de bombardier.

plus que 10 ans que je vis dans ce beau pays. l’aventure a commencé en 2007 quand j’ai débarqué au canada à la recherche d’une vie meilleure et de finir et fuir la règne d’une dictature dans mon pays natale (je viens d’un pays du Maghreb).

après l’expiration de la date de mon visa de séjour j’ai déposé une demande d’asile qui a été rejeté ainsi que l’appel. alors mon avocat m’a conseillé de déposer une demande de résidence permanente pour considération humanitaire qui a été elle aussi refusé et un ordre de quitter le canada [est émis] autrement je serai déporté.

et voila depuis 5 ans maintenant que je vis dans la clandestinité et l’angoisse.

auparavant je ne savais pas réellement ce que ça veut dire vivre sans statut et être dépourvu de tout droit … vivre dans le néant sur le plan mental c’est la peur et l’angoisse. je crains tout le monde : le policier, mon voisin, le propriétaire de mon appartement, mon employeur …

tout le monde représente une menace pour moi faute de quoi je peux être balance et me trouver dans un avion à destination de mon pays natal. le vocabulaire de confiance a été anéanti en moi.

l’autre volet non négligeable et même décisif pour un sans statut c’est comment arriver à survivre dans une société dans laquelle la personne affectée est privée d’un permis de travail et au droit de santé et les autres services sociaux.

pour faire face à cet obstacle, j’ai fait appel aux agences de placement pour dénicher un travail payé au dessous de la table, et là je me suis trouvé entre les griffes d’un système d’exploitation humaine  sauvage et immoral ,travailler avec des bas salaires sans avoir le droit de protester, autremment je serai licencie ou balancer a l’immigration. je devrai des fois travailler de 12 a 14 heures par jour avec un salaire de 8 dollar à l’heure.

avec le temps, j’ai compris que le gouvernement est le premier complice de ce système d’exploitation, dirai même le fondateur parce que toutes ces centaines de milliers de sans statuts travaillent et paient leurs impôts d’une façon directe ou indirecte, mais en retour ils ne reçoivent rien.

il n y a pas aussi pire comme modèle d’exploitation dont l’état est le concepteur.

sur le plan santé, il faut toujours songer à épargner un peu d’argent à côté ou avoir une assurance privée pour payer les frais médicaux parce que un sans statut peut mourir devant la porte d’un hôpital s’il ne possède pas une assurance maladie ou un dépôt d’argent à l’accueil pour qu’il soit pris en charge par le staff médical.

la vie d’un sans statut au canada est cruelle, misérable et inhumaine dans un pays qui prétend être un des leaders dans les droits des hommes …

l’histoire continue …   

— le persécuté.

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